Pourquoi le Continent noir est dans le noir.
Cinq cent millions d'Africains sont sans "énergie moderne". Le manque d'électricité est devenu, derrière la corruption, l'un des plus gros freins au développement. Cette situation va s'empirer et l'industrialisation du continent sera vaine aussi longtemps que nos dirigeants prendront prétexte du coût élevé des pièces de rechange et du carburant pour ne pas électrifier leurs villes et campagnes.
Dans le cas du Togo, le parti qui a gouverné le pays pendant des décennies, le RPT, y a semé le vent du mensonge, ce vent qui est la source de l'actuelle catastrophe énergétique. Il lui faudra, le 14 Octobre, récolter une tempête électorale en attendant le grand séisme qui va l'engloutir.
Par Kodjo EPOU
Beaucoup d'africains sont toujours à la lampe à pétrole et au bois de chauffe. Le continent qui compte 1/6 de la population du globe ne produit que 4% de l'électricité consommée sur terre. Trois quart de ce chiffre est utilisé en Afrique du Sud, en Egypte et dans les pays maghrébins, donc ¼ seulement pour l'Afrique Noire. Le besoin de plus de centrales électriques sur le reste du continent a été reconnu nécessaire mais la plupart des tentatives d'électrification dans les années 70 et 80 ont été des échecs.
Dans certains pays, les dictateurs ont décrété l'abandon, du jour au lendemain, des centrales thermiques pour raison de pièces détachées ou de carburant. D'autres ne les ont pas maintenues et ont laisse tourner les turbines sans arrêt jusqu'a ce qu'elles n'aient cédé, puis abandonnées. Souvent ils en ont fait la commande de nouvelles pour y gagner d'importants pots de vin. Au Nigeria par exemple, seulement 17 de ses 79 centrales sont opérationnelles. Du coup, pour une demande de 7 600 mégawatts, ce pays n'en fournit que 3 500.
Projets et entraves.
La Banque Mondiale rapporte que plus de 500 millions d'Africains sont sans ce qu'elle appelle " l'énergie moderne". Pour le moment, le continent reste majoritairement tributaire de l'hydro-électricité. Treize (13) pays en utilisent pour près de 60% de leur besoin énergétique. Alors que la pénurie de pluies fait tourner les barrages bien en deçà de leur capacité, plusieurs nouveaux barrages ont été mis en chantier comme sur le Niger,le Nil,la Volta et le Bandama.
Des investisseurs sont en train d'appuyer "Jatropha", une plante dont la sève produit une huile capable de faire tourner des groupes électrogènes. La géothermique n'est pas du reste :un ambitieux projet est sur le tapis et vise à valoriser la grande vallée entre l'Erythrée et le Mozambique. Il est destine à la production de 7000 mégawatts. Le Kenya espère 20% de son énergie de cette source géothermale d'ici à l'an 2017.
La plus grande potentialité se trouve sur le fleuve Congo. Un grand projet de construction de barrages tout au long du Congo avait été élaboré et pouvait fournir 39 000 mégawatts, suffisamment d'énergie pour alimenter toute l'Afrique. Ce projet viable est reste un pur rêve.
A preuve, seulement 6% de congolais ont accès à l'électricité. Les blancs (bailleurs de fonds) rechignent à planter des poteaux électriques sur des milliers de kilomètres à travers la "jungle"congolaise.
Ils craignent aussi une mauvaise gestion et estiment que les despotes et les guerres qu'ils allument pour nourrir leur appétit du pouvoir pourraient rendre le projet improductif. Ils avaient dans le temps reproche à Mobutu de se soucier très peu d'éclairer ses populations, ayant préféré un enrichissement personnel de plusieurs milliards de dollars et une spendieuse et vaseuse Révolution Populaire.
Toujours dans les mauvaises catégories.
Les sources existent. Elles ont été bel et bien identifiées depuis ; mais si le continent en est toujours à se chercher entre les sources d'énergie alternatives, entre ce qu'il faut entreprendre et ce qu'il ne faut pas entreprendre, cela est essentiellement dû à un manque de politique énergétique adéquate et soutenue. C'est ainsi qu'on s'éternise sur les études, les conférences et les fantaisistes regroupements qui se font et se défont selon les humeurs de nos acariâtres dictateurs.
Il n'est donc pas surprenant que le beau Continent tergiverse entre l'hydro-électricité, propre mais trop dépendant de la générosité du ciel ; le charbon, facile, moins cher mais salissant ; le gazoduc abordable mais long à mettre en place ; et puis l'énergie solaire dont le coût actuel nécessite une réduction de 30% pour être supportable. Le problème d'électricité en Afrique est si pressant que la Banque Mondiale veut favoriser la mise en place d'un programme appelé "illuminer l'Afrique".
Des experts estiment que pendant la décennie à venir, le déficit d'électricité dans le monde et particulièrement en Afrique sera plus élevé que prévu et sera dans l'ordre de 500 000 mégawatts. C'est ainsi que la terre va se diviser entre les pays dont l'économie se développé plus vite que la consommation de courant et ceux dont la consommation plus vite que leur économie. L'Afrique, comme d'ailleurs sur beaucoup d'autres plans,se retrouve dans cette dernière catégorie, mal lotie.
Togo, un cas frappant.
L'Afrique est le seul continent qui, photographie de l'espace la nuit, montre l'image nocturne de la Sibérie ou du Sahara, ponctuée par endroits d'à peines visibles poches de lumière. Vivement donc ce projet Onusien "Illuminer l'Afrique"qui veut donner accès à l'électricité à près de 300 millions d'âmes d'ici l'an 2030. Encore faudra-t-il que d'ici à cette échéance, ces pauvres Africains concernés ne meurent pas de faim ou ne soient pas simplement massacrés par leurs propres dirigeants.
Le cas du Togo, le plus frappant des cas : rien qu'avec l'argent du phosphate dont le pays était un grand producteur, la couverture énergétique aurait dû atteindre les 80% du territoire. L'on se demande où est passé l'argent du phosphate après le vrai faux attentat de Sarakawa ?
Le RPT a passé des décennies à semer le vent du mensonge, ce vent qui est la source de l'actuelle catastrophe énergétique. Ce parti doit, le 14 octobre prochain, récolter une tempête électorale en attendant le grand séisme qui va l'engloutir. Aussi se demande-t-on ce que ces gens ont encore à délivrer aux togolais comme message de campagne. Une chose est certaine, c'est que dans leur cas, personne n'a jamais gagné ?
Kodjo EPOU
Oakdale,MN
USA
