Déclaration sur l’inquiétante multiplication de bavure et exactions policières contre les innocentes populations
Le Parti des travailleurs tient à exprimer ses plus vives inquiétudes face la multiplication de bavure et exactions policières contre les innocentes populations à l'approche des élections législatives qui ont fait l'objet de l'Accord politique global (APG) et dont la tenue est annoncée pour le 14 octobre 2007.En effet :
— le samedi 4 août 2007, Elias Kuessan Biova EKUE-HETTAH, agent de la CEET
âgé de 48 ans, père de 4 enfants, appelé d'urgence pour une intervention à son travail, a été tué, écrasé par deux camionnettes de la Police qui sortaient en trombe des locaux de la Direction générale de la Police nationale (Sûreté nationale) alors que les forces de sécurité étaient sur la brèche pour interdire la Grande marche pacifique appelée par l'ADDI, le Parti des travailleurs, l'UFC, Afrique tradition et l'ONUTA.
— dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 août 2007, des jeunes recrues de la Police nationale hébergées sur le site de la Foire d'exposition Togo 2000, ont organisé une expédition punitive contre les innocentes populations d'Attiégou, quartier de Lomé voisin de l'Aéroport international de Lomé occasionnant près d'une centaine de blessés parmi lesquels des enfants mineurs de 5 et 10 ans ainsi que des femmes.
Selon les informations données par des sources indépendantes, cette expédition punitive fait suite à une dispute entre une jeune recrue de la police et un habitant du quartier au sujet d'une jeune fille du même quartier dont ce dernier était le compagnon d'où l'apparition de cette rivalité amoureuse qui a dégénéré en pugilat ayant tourné au désavantage de l'élève policier.
Suite à ces incidents, la jeune recrue s'est autorisé à aller mobiliser ses camarades hébergés sur le site de Togo 2000 pour cette expédition punitive aveugle au cours de laquelle, la cohorte de jeunes recrues de la police s'est déversée dans les rues du quartier Attiégou en passant systématiquement à tabac tous les habitants qu'ils trouvaient sur leur chemin, en commettant des vols d'objet de valeur et en saccageant des biens matériels.
De l'aveu même du ministre de la Sécurité, le Colonel TITIKPINA Atcha Mohamed, qui a rendu public un Communiqué au sujet de ces graves événements le mercredi
22 août 2007 : « On relève cependant des blessés légers qui ont été soumis à des soins pris entièrement en charge par le ministère de la Sécurité. »
Selon divers témoignages, la rage répressive et destructrice des jeunes recrues de la police, qui ont ainsi excipé de leurs prérogatives d'agents des forces de sécurité publique pour régler abusivement un différend d'ordre strictement privé, ne s'est arrêtée qu'avec l'intervention des éléments de la Gendarmerie nationale suite aux initiatives prises par les habitants du quartier pour alerter différentes institutions.
Nous dénonçons et condamnons
Le Parti des travailleurs dénonce et condamne avec la plus grande vigueur la bavure policière du 4 août 2007 et l'expédition punitive de la nuit du
20 au 21 août 2007, faits d'une exceptionnelle gravité, d'autant plus inqualifiable en ce qui concerne cette dernière qu'elle émane d'élèves policiers en formation qui se sont fait justice par eux-mêmes alors qu'ils sont censés œuvrer au respect de l'Etat de droit.
Le Parti des travailleurs tient à constater que ces faits rappellent étrangement la répression barbare organisée par l'armée, la gendarmerie, la police et les milices du RPT pour réprimer les manifestations de protestation de la population contre le coup d'Etat militaire du 5 février 2005 à l'annonce du décès d'Etienne GNASSINGBE Eyadéma et contre le coup d'Etat de l'élection présidentielle d'avril 2005.
Le Parti des travailleurs ne peut que constater que ces nouvelles tragédies résultent de la totale impunité qui couvre et favorise la réédition des massacres de l'année 2005 en banalisant le recours aux méthodes répressives barbares utilisées par les forces de répression togolaises.
Alors que le Togo est engagé dans un processus électoral avec le recensement électoral qui vient de se terminer, le Parti des travailleurs ne peut qu'être vivement inquiet au moment même où la tenue des élections législatives annoncées pour la date du 14 octobre prochain, soit dans moins de deux mois !
C'est pourquoi le Parti des travailleurs, qui ne cesse d'exiger que la question de l'impunité soit réglée avant tout processus électoral, ne peut à nouveau constater, l'impunité appelant l'impunité, qu'il y a lieu d'alerter dès à présent le peuple togolais et l'opinion internationale sur les graves menaces que ces bavure et expédition punitive font peser à l'horizon sur cette échéance électorale. En effet, la situation actuelle est d'autant plus inquiétante que les jeunes recrues de la police en formation, auteurs des représailles du 20 au 21 août 2007, font partie d'un corps censé être déployé pour assurer la sécurité de ces élections.
Dans l'unité, disons : « Non, à l'impunité ! »
Le Parti des travailleurs appelle toutes les organisations qui se réclament de la démocratie : partis, syndicats et associations à ne pas considérer les bavure et exactions policières des 4 et 20/21août 2007 comme des événements mineurs sans conséquence pour l'avenir immédiat de notre pays.
Car, au moment même où la préparation des prochaines élections législatives est d'ores et déjà engagée avec la fin des opérations de recensement électoral, il convient d'agir avant qu'il ne soit trop tard et que nous n'ayons à déplorer à nouveau des pertes de vies humaines, des viols, des passages à tabac occasionnant aux citoyens innocents des blessures graves invalidantes dans de nombreux cas, des vols et exactions de toutes sortes à l'occasion de cette consultation électorale.
C'est pourquoi le Parti des travailleurs en appelle à l'unité de toutes les organisations qui se réclament de la démocratie et de la défense des droits de l'Homme pour que les bavure et exactions policières des 4 et 20/21 août 2007 ne restent pas impunis en exigeant :
— 1°) la constitution d'une Commission d'enquête indépendante sur l'accident mortel du 4 août 2007 devant les locaux de la Sûreté nationale et l'expédition punitive de la nuit du 20 au 21 août 2007 au quartier Attiégou. En effet, à propos des représailles d'Attiégou, on peut d'autant moins faire confiance au ministre de la Sécurité que, d'une part, le communiqué qu'il a rendu public présente une version mensongère des événements au profit des mis en cause, version contestée par les autorités locales-mêmes. D'autre part, ledit communiqué ayant annoncé qu'« Une enquête est ouverte pour déterminer les auteurs et complices de ces graves incidents afin de les punir conformément aux lois et règlements en vigueur » alors qu'il a lui-même été mis en cause dans l'organisation des massacres de l'année 2005, il est disqualifié pour instruire ce dossier dans lequel il ne peut prétendre être juge et partie en tant que supérieur hiérarchique des jeunes recrues mises en cause.
— 2°) la traduction de toutes les jeunes recrues impliquées dans cette expédition punitive devant les tribunaux pour y répondre des délits dont elles se sont rendues coupables à l'endroit des innocentes populations pour les chefs d'accusation effectivement constitués qui sont les suivants : 1. coups et blessures volontaires avec préméditation ; 2. violences sur enfants mineurs ;
3. vols qualifiés ; 4. voies de faits avec destruction de biens matériels ; 5. abus de pouvoir.
— 3°) la révocation inconditionnelle et immédiate de toutes les jeunes recrues impliquées dans cette expédition punitive dont le comportement rappelle étrangement celui des tristement célèbres miliciens du RPT qui ne peuvent avoir de place ni dans la police, ni dans la gendarmerie, ni dans l'armée d'un Etat de droit que le Togo doit être sans délai.
— 4°) les nécessaires réparations pour la famille de Elias Kuessan Biova EKUE-HETTAH qui laisse une veuve et quatre orphelins et les victimes de l'expédition punitive d'Attiégou.
— 5°) la fin de l'impunité au Togo.
Lomé, le 26 août 2007
Pour le Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination
Claude AMEGANVI
Pour le Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination
Claude AMEGANVI

Commentaires
PT le 07/09/2007 à 22:45:11PARTI DES TRAVAILLEURS 6 septembre 1902 - 6 septembre 2007
A l’occasion du 105e anniversaire de la naissance de Sylvanus Epiphanio Kwami OLYMPIO : Restons unis pour combattre l’impunité au Togo !
Le Parti des travailleurs tient à saisir l’occasion solennelle que lui offre la commémoration du 105e anniversaire de la naissance de Sylvanus Epiphanio Kwami OLYMPIO pour rendre hommage à sa mémoire et appeler tous ceux qui se réclament du combat pour la démocratie et le respect des droits de l’Homme à se mobiliser pour que cesse à jamais l’impunité qui couvre son assassinat ainsi que celui de tous les martyrs du Togo.
Il y a 105 ans, le 6 septembre 1902, Sylvanus Epiphanio Kwami OLYMPIO naissait à Kpando, dans l’actuel Ghana.
Après ses études primaires à Lomé et ses études universitaires en Angleterre, en France et en Autriche, il entreprit, à partir de 1927, une carrière de cadre supérieur de la multinationale Unilever d’abord à Londres, puis au Nigeria, au Ghana et finalement au Togo où il fut muté en 1932 pour diriger la United Africa Company (UAC), filiale du groupe Unilever, en qualité d’agent général.
De retour au pays, Sylvanus OLYMPIO, outre ses responsabilités de dirigeant de société pour lesquelles il sera élu comme Président de la Chambre de commerce du Togo, y dirigera surtout la lutte pour la conquête de l’indépendance nationale qu’il conduira à d’importantes victoires.
Une tradition d’impunité depuis l’assassinat d’OLYMPIO
Il importe en effet de rappeler que c’est sous l’impulsion de Sylvanus OLYMPIO, que le Comité de l’Unité togolaise (CUT) qui, constitué à l’origine en 1941 comme une amicale entre autochtones et colons français, fut transformé en véritable parti politique nationaliste, le 27 avril 1946, pour ensuite gagner les premières élections organisées par le pouvoir colonial français au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour associer les Africains à ses institutions. Le 10 novembre 1946, Martin AKU, candidat du CUT, fut le premier député à être élu pour représenter le Togo à l’Assemblée nationale française et, les 8 et 16 décembre 1946, le CUT remporta une majorité écrasante de sièges lors des élections à l’Assemblée représentative du Togo (ART) dont Sylvanus OLYMPIO devint le président.
Ce fut encore sous la direction de Sylvanus OLYMPIO que, malgré les fraudes et tracasseries du pouvoir colonial français qui mit tout en œuvre pour barrer la route au combat des nationalistes togolais, le CUT mobilisa le peuple togolais pour arracher la victoire de l’indépendance nationale « Ablodé ! » aux élections législatives du 27 avril 1958 organisées sous la supervision d’une mission de l’ONU.
Mais, cette victoire, qui a ouvert la voie à la proclamation de l’accession du Togo à la souveraineté internationale, le 27 avril 1960, fut brisée au petit matin du 13 janvier 1963 lorsque Sylvanus E. K. OLYMPIO, premier président démocratiquement élu du Togo aux élections du 9 avril 1961, était lâchement assassiné par Etienne GNASSINGBE Eyadéma parce qu’il s’apprêtait à faire franchir à notre pays l’étape décisive de l’indépendance économique à travers la création d’une monnaie nationale.
Fomenté par l’Etat français dont les réseaux du tristement célèbre Jacques FOCCART, le secrétaire d’Etat aux Affaires africaines et malgaches du gouvernement dirigé par Charles de Gaulle, manipulèrent les demi-soldes démobilisées des guerres coloniales d’Indochine et d’Algérie, le crime odieux commis lors de ce premier coup d’Etat sanglant de l’Afrique indépendante est resté impuni depuis cette époque.
Une tradition d’impunité fut ainsi inaugurée depuis lors, l’assassinat politique n’ayant cessé d’être érigé en méthode de gouvernement dans les pays d’Afrique.
C’est ainsi que les 38 ans de règne d’Etienne GNASSINGBE Eyadéma qui, avec le soutien de l’impérialisme français, a été porté au pouvoir le 14 avril 1967, auront été marqués par des milliers d’assassinats que son fils, Faure Essozimna GNASSINGBE, aggrava en prenant le pouvoir à sa mort, dans un terrible bain de sang qui fit plus de 1 000 morts, selon la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH), plus de 500 selon la Mission de vérification des faits de l’ONU.
Au total, c’est près d’une dizaine de milliers de morts que les 40 ans de règne du clan des GNASSINGBE père et fils auront occasionnés au Togo en toute impunité jusqu’alors.
Mettre fin à l’impunité !
C’est parce qu’il combat pour que soit mis fin à l’impunité que le Parti des travailleurs a pris l’initiative d’élaborer un « Livre noir contre l’impunité au Togo » qui recense tous les crimes commis depuis l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO afin que tous leurs auteurs et commanditaires soit recherchés, arrêtés et déférés devant les tribunaux pour y être jugés.
Le Parti des travailleurs propose à tous les démocrates, à toutes les organisations véritablement indépendantes : partis, syndicats, associations attachés au combat pour le respect des droits de l’Homme, de constituer un « Mouvement contre l’impunité au Togo » autour de ce document qui doit s’élargir en recensant systématiquement tous les cas d’exécutions extrajudiciaires commis au Togo.
Au moment où la tenue des élections législatives vient d’être annoncée pour le 14 octobre prochain, le Parti des travailleurs constate que s’est créée au sein du peuple togolais, une situation de division à propos de ces élections qui verra certains citoyens aller voter alors que d’autres envisagent de s’abstenir en raison de la violence assassine qui se déchaîne généralement à l’occasion des consultations électorales et de l’impunité qui continue de couvrir les crimes odieux commis sous le règne du clan des GNASSINGBE, tout particulièrement ceux de l’année 2005.
Travailleurs, paysans, jeunes togolais : Restons unis !
Travailleurs, paysans, jeunes togolais : quelle que soit votre position au sujet des législatives du 14 octobre 2007, le Parti des travailleurs vous appelle à ne pas vous diviser.
Tous ensemble, restons unis pour exiger la fin de l’impunité au Togo !
Restons unis pour barrer la route au pouvoir RPT et tourner la page de la domination du clan des GNASSINGBE qui a occasionné pour le peuple togolais près d’une dizaine de milliers de morts, d’incroyables souffrances avec leur lot de misère, de famine, de chômage, de ruine, de gabegie, de corruption, de pillage et de bradage de nos richesses ainsi que de notre patrimoine national !
Au moment où se prépare une rentrée scolaire des plus catastrophiques de toute l’histoire de notre pays, restons unis pour exiger que soit arrêtée la politique dictée par les institutions financières internationales comme le FMI et la Banque mondiale pour détruire l’enseignement au Togo à travers sa privatisation. En organisant ainsi la sélection sociale qui fait régner dans notre pays l’inégalité de la jeune génération devant l’instruction, c’est tout l’avenir et l’espoir de la nation togolaise qu’on détruit !
Restons unis pour exiger que soient alloués les crédits nécessaires au bon fonctionnement des établissements scolaires et garanties des conditions de vie et de travail décentes pour les enseignants !
Alors que les salaires des travailleurs et les pensions des retraités continuent à accuser de nombreux mois d’arriérés de paiement et que, de jour en jour, le gouvernement d’union nationale fait la preuve de son incapacité à assurer le bien-être du peuple togolais, restons unis pour exiger l’amélioration des conditions de vie des travailleurs des villes et des campagnes pour qu’ils puissent enfin avoir les moyens de sortir de la misère et de leur extrême précarité pour pouvoir élever leurs enfants dans la dignité !
Lomé, le 5 septembre 2007
Pour le Parti des travailleurs
Le Secrétaire chargé de la coordination
Claude AMEGANVI