Atteinte à la sûreté de l'Etat: les fils Gnassingbé à l'école de la guerre pour le pouvoir…

Impossible de nier désormais l'évidence: il existe bel et bien une rivalité entre Kpatcha et Faure Gnassingbé. Le président Faure sort aujourd'hui gagnant d'un bras de fer fraticide car il a réussi à éliminer son « adversaire » qui se trouve aujourd'hui sous mandat de dépôt. Kpatcha se trouve jusqu'à ce jour en détention surveillée - pour tentative d'atteinte à la sûreté de l'état, groupement de malfaiteurs, rebellion, violence volontaire avec usage d'armes à feu et complicité de violence volontaire - même si les preuves de la tentative de coup d'état restent non fondées. Quoiqu'on dise, le président de la république est paradoxalement affaibli par cette épreuve parce que les certitudes et les piliers qui fondent son pouvoir, sont ébranlés. Actuellement la relation familiale est en sa défaveur et mis à part Mey, ses autres frères et soeurs seront des soutiens résignés et de raison que de coeur. Au Rassemblement du Peuple Togolais RPT, les « pro-kpatcha » feront profil bas et raseront les murs, mais le président de la république s'y tromperait qu'il en existe très peu. Retour sur cette affaire aux multiples relents et aux conséquences imprévisibles qui malgré tout, n'a pas encore révélé tous ses secrets, tellement les zones d'ombre restent nombreuses. Les habitants du quartier de Kegué, au nord-est de Lomé, ont vécu une fin de nuit pascale très inquiétante le 12 Avril dernier, dont ils se souviendront. Elle a été rythmée par des coups de feu intenses et nourris, qui auraient duré plusieurs heures. Très vite, la rumeur d'une attaque contre le domicile du député Kpatcha Gnassingbé parcourt la ville de Lomé. La Radio France Internationale RFI sera la première à confirmer l'information, par la voix de son correspondant à Lomé Peter DOGBE: le domicile du député Kpatcha  a été attaqué dans la nuit par des éléments de la Force d'Intervention Rapide FIR, conduit par le colonel Felix KADANGA, commandant de ce corps et accessoirement le beau-frère de Faure et Kpatcha Gnassingbé, mari de leur soeur Babanam. C'est au journal de 13 heures du lundi 13 Avril 2009 que le procureur de la république, en la personne de Robert BAKAI, en compagnie du commandant de la gendarmerie nationale le lieutenant colonel Damehame YARK, vient apporter la signature officielle à l'information par un communiqué. Deux jours plus tard, les choses s'accélèrent avec l'interpellation de Kpatcha Gnassingbé,  présumé cerveau du push. L'arsenal de guerre et les matériels destinés, selon les autorités, à commettre le coup d'état furent présentés le lendemain à la presse togolaise. Le jour suivant, l'Assemblée Nationale Togolaise qui danse au rythme du régime RPT, parti au pouvoir depuis près de quarante ans, prend acte et souhaite que la procédure judiciaire se poursuive dans la sérénité et dans le respect scrupuleux des droits fondamentaux prévus par la Constitution. Le 17 Avril, Kpatcha est présenté au juge d'instruction Kofi Ernest Bignang pour se voir officiellement inculpé, après son audition, pour plusieurs chefs d'accusation notamment tentative d'atteinte à la sûreté de l'état, groupement de malfaiteurs, rebellion, violence volontaire avec usage d'armes à feu et complicité de violence volontaire. La constitution togolaise prévoît la levée de l'immunité parlementaire pour chaque député avant d'être présenté en justice si tel est le cas; ce qui n'est pas fait dans cette affaire de coup d'état. Jusqu'à ce jour, les rencontres familiales se multiplient et Faure commence par baisser les bras vis à vis des pressions. De toute façon, leur papa feu Gnassingbé Eyadéma leur avait soufflé avant de mourrir : « ne laissez jamais partir le pouvoir car il vous sera difficile de le reprendre et seule la force des armes vous permettra de le garder en toute sécurité… ». N'oublions pas que c'était par des armes et dans le sang que Faure Gnassingbé était arrivé au pouvoir en 2005 avec la complicité de son demi-frère Kpatcha. Pour le récompenser, il le nomme ministre de la défense dans le soit disant gouvernement d'union national issu de l'accord politique global APG en étant en même temps le DG de la SAZOF. Méfiant, Faure procéda plus tard à un remaniement ministériel en limogeant Kpatcha du gouvernement, rattachant ainsi la défense à la présidence de la république et comme cela ne suffisait pas, limoge ce dernier de toutes les sociétés dont il est le patron.

Rock Gnassingbé est également un cas non-ignorable; à lui seul ont été octroyés trois postes importants au Togo: président de la fédération togolaise de football FTF, lieutenant colonel et commandant du Régiment Blindé de Reconnaissance et d'Appui RBRA et pour finir directeur général de la sécurité au Port Autonome de Lomé PAL. Il est grand temps que les Gnassingbé sachent que le Togo n'est ni leur propriété privée, ni un royaume qu'ils doivent gérer à leur façon. On n'oublie pas non plus la manière sombre dont Rock est revenu à la tête de la FTF après la pagaille qu'il avait opérée en 2006 à la coupe du monde de football.

A l'allure où vont les choses, 2010 risque d'être en action dans beaucoup de domaines et les élections présidentielles risquent de se prolonger. Le pouvoir RPT devra nommer un premier ministre compétent, accepté par tous les protagonistes et qui sera doté d'un réel pouvoir pour relancer l'économie, conduire les chantiers de la réconciliation et de la modernisation de l'Etat, et surtout préparer le Togo à une alternance dans la paix retrouvée. Qui aujourd'hui au Togo et dans le monde entier ignore que les Gnassingbé possèdent des armes en leur domicile en bon nombre. L'affaire Kpatcha suit son cours et …. A Suivre.

 

Mawuli Mensah, Journaliste Freelance



Article ajouté le 2009-05-04 , consulté 230 fois

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